Les meubles se présentent sur la pointe des pieds. Ils arrondissent le mur, retiennent une histoire. Ils en créent. Des belles et des colorées. Et quand ils se taisent, c’est dans leurs lignes que passent une image, le souvenir d’un été. Un tiroir s’ouvre à nous renverser, parfois c’est en suivant le bois que l’on se retrouve en forêt.

primo

estate

primo

estate

Joris Poggioli est un conteur. Il pense l’utile et raisonne l’inutile. Il habille l’espace en dessinant la matière, déclinant les courbes féminines de cet autre alphabet. Enfance, nuages où s’étire avec élégance le fil de nos vies joliment dispersées. Youth crée l’irrésistible avec l’envie de nous chucho- ter : pourquoi choisir entre le rêve et l’intensité.

Héra

Les yeux fermés, le bleu d'une évidence, les chérubins sont venus s'attabler, sans ne rien déranger.

Aglaé

S'il suffisait de soulever les pierres pour qu'elles retrouvent la mémoire, draper les nues et s'adonner.

Thalie

Les girafes ne savent pas s'assoir, elles donnent leur cou à de long baisers. Les lions sont inconsolables.

Kika

Marcello

Hanche ou bassin, vert suspendu, les couleurs sont des lacs depuis que les laques sont de grandes eaux teintés.

Vénus

Le rose, cet animal à nos pieds, cet autre bouts de fleurs, comme une larme qui aimerait ne jamais s'effacer.

Pénélope

Nous habitons deux mains immobiles, une console, la poursuite du bleu, le sud de la ville, un tiroir en laiton, une tournure enluminée, redis-moi un peu miroir, paravents, la vie mordue, la nuit à belles dents, le travail des mains, le dessin lent, le bout de canapé, ébène, le coeur, ce regard où l’on voyage, cette forme où nous allons, recommençant, apprenant à aimer, toucher, la légèreté de l’instant, une seule et même phrase circule, suspension, laque, drapé, corps de lumière, dos mat, marbre, bouches cambrées, nous habitons la malle de vos grands yeux clairs, Pénélope, Vénus, Aglaé. Nous habitons l’espace d’une liberté. Et Youth de murmurer: pourquoi devrions-nous choisir.

Hémera